mardi 28 juillet 2009

Et si nous parlions un peu de notre saint



La légende de St Stapin : (D’après Jean ESCANDE et son livre sur Les Escoussens )

« Ils étaient quatre frères qui, en des temps fabuleux, habitaient les environs de Dourgne: Macaire, Hippolyte, Ferréol, Stapin. Ces frères se jetaient des meules de moulins en guise de palets d’une montagne à l’autre. »

Et d’après les archives paroissiale de Dourgne:

« Ils firent un jour un repas auprès d’une fontaine et décidèrent que l’eau que l’on y puiserait le jour de la St Jean serait bienfaisante. » On peut supposer qu’ils firent leur repas près de la source du Baylou.

Etymologie du mot STAPIN: (D’après Bertrand de Vivies)

Stare: nom latin, se tenir debout sur ses jambes.
Espie: dérivé de estapo, indique une étape ou celui qui donne une étape.
Estapiner: dans le dictionnaire provençal de Mistral, sautiller d’un pied sur l’autre.

Trois étymologies intéressantes dans la mesure où elles touchent directement aux pieds dont St Stapin est chargé d’alléger les maux.

Sa vie :

Stapin serait né, dit-on, au début du VIIème siècle dans un hameau près de Dourgne appelé En Lanet. Ce hameau garde le souvenir de cette naissance au lieu-dit Les Mirgues ou Les Mourgues.
En effet au milieu des champs se trouve une parcelle de terre non cultivée que les gens du hameau appellent Lou Camp de Sant Estapi.

Là se trouve un puits en parti comblé dans lequel on venait autrefois chercher de l’eau car celle-ci était bonne pour les femmes qui voulaient être fécondes.
Stapin préfère la vie érémitique aux plaisirs de la vie courante et pour cela, il décide de vivre seul sur un plateau désertique appelé aujourd’hui Désert de St Ferréol.
Très vite sa popularité augmente, il est connu pour sa sagesse et surtout pour ses guérisons; l’histoire ou la légende nous dit qu’il guérissait les goutteux, mais aussi les infirmes et les malades de toutes sortes; on venait ainsi le consulter de très loin.

Au milieu de sa vie, peut-être vers l’an 685, il est sollicité pour devenir l’évêque de Carcassonne, cette idée lui fait peur, on vient jusqu’à Dourgne pour le chercher, il se cache alors dans les grottes de la région, notamment dans le Trou Cruzel.
On le décide enfin, mais il ne peut résister à l’attrait de ses montagnes qu’il vient revoir souvent. Sur son chemin, entre Dourgne et Carcassonne, il se repose à Ventenac, petit village de l’Aude qui le vénère encore aujourd’hui.
Il quittera son poste quelques années avant sa mort pour revenir dans les montagnes de Dourgne.

La légende des raisins de St Stapin:

A cette époque, nous raconte Théophile Azemar, « les Arabes avaient franchi les Pyrénées et établi leur camp en Septimanie, l’étendard vert du prophète flottant sur les murailles de Carcassonne, on vit alors une population désolée gravir les pentes méridionales de la Montagne Noire et se diriger vers la ville de Dourgne pour y revoir son pontife vénéré.

Emigrant d’Espagne, ils avaient apporté avec eux, les plantes et les fruits de leur pays: la vigne et le raisin. C’est grâce à leur industrie que la vigne remplaça sur nos coteaux les forêts séculaires.
Le souvenir de cette immigration s’est conservé jusqu’à nos jours, de tous temps, le 6 août, jour de la fête de notre saint protecteur, alors que dans nos contrées le fruit de la vigne est loin d’être mûr, l’on voit à coté du buste du pontife, une corbeille de raisins noirs venus du Bas Languedoc
.
Les enfants présentés par leur mère en détacheront quelques grains, après avoir fait un grand signe de croix et déposé une petite offrande dans le bassin disposé tout près à cette fin. »

Stapin mourut dans son pays à la fin du VIIème ou au début du VIIIème siècle.

Il est honoré en Languedoc, bien-sûr, mais aissi a Ahnée en Belgique, à Lyon en l’église de la Croix Rousse, à Milan, à Palerme et à Barcelonne; mais c’est à Dourgne et aussi à Massaguel, qu’incontestablement, Stapin est le plus vénéré depuis des siècles.

Le Pas du Sant.

Si vous marchiez clopin-clopant
De Dourgne passez le village
Jusqu’au rocher de St Stapin
Vous irez en pèlerinage
Baignez-vous pendant l’oraison
Et pour quelques oeuvres méritoires
Vous devrez votre guérison
Au Saint de la montagne Noire.

Eugène de PRADEL.
Poète du 19ème siècle.


A suivre...

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